Bernard DUPIN

Tes grands parents et leur combat pour garder le contact avec toi.

Cela va faire bientôt 10 mois que ton père a mis fin à ses jours.

 

Nous avons fêté Noël et le jour de l’an sans rien changer à nos habitudes, même si son absence se faisait cruellement ressentir.

Ton oncle Thierry n’est pas allé faire du vélo, même s’il l’avait amené. Il a préféré passer son temps à travailler sur son nouveau camping car. Si ton père avait été là, aurait-il délaissé son camping car pour le suivre comme à son habitude (ou le devancer), comment savoir ?

Pour la nuit de la Saint Sylvestre, j’ai remplacé ton père dans son rôle de DJ, j’ai pioché dans sa discothèque et j’ai essayé d’imaginer les morceaux qu’il aurait choisis.

 

Bien entendu nous avons beaucoup pensé à lui, et à toi.

 

Tes grands parents t’ont envoyé une carte pour Noël, et, pour le nouvel an, une photo de toi au milieu de tes cousins et cousines lors de la traditionnelle cérémonie d’ouverture des cadeaux de Noël.

Tes oncles, tantes, cousins et cousines (ceux qui étaient présents cette année) ont signé avec tes grands parents.

Cette photo a été prise au cours de l’un des Noël que tu avais passé avec nous, il y a déjà une dizaine d’années. Tu n’en as sans doute aucun souvenir, et c’est vraiment dommage car tu as été heureuse avec toute ta famille.

 

Je t’ai dis qu’un jour je te parlerai du combat de tes grands-parents pour garder le contact avec toi.

Dans quelques mois tu fêteras ton quinzième anniversaires, il est peut-être temps de t’en parler.

Bien sûr, il se peut que tu ne lises jamais ces lignes, que tu ne viennes jamais consulter ce blog et que tu ne prennes jamais contact avec cette partie de ta famille que ta mère a éloigné de toi.

Mais je l’ai sans doute déjà dis, si je ne te parle pas de ton père, de tes grands parents, de cette autre famille qui pense à toi et qui garde le souvenir d’une jolie petite fille avec dans le regard un peu de la malice de son père auquel elle était tendrement attachée, qui t’en parlera ? Certainement pas ta mère, ni tes grands-parents maternels.

 

 

Tant que ton père pouvait te voir, tes grands parents t’écrivaient chez lui pour ton anniversaire, Noël, les vacances, les fêtes de fin d’année, etc...

Mais à partir de l’année 2000, ton père ne pouvait plus servir de lien. Alors tes grands-parents t’ont écris chez ta mère.

 

Leurs courriers ne te sont probablement jamais parvenus.

 

En 2001, pour ton anniversaire tes grands parents t’ont adressé une carte.

Elle leur est revenue avec la mention « N’habite pas à l’adresse indiquée ».

Alors, ils ont téléphoné à tes grands parents maternels pour avoir ta nouvelle adresse, mais ces derniers ont refusé de la leur communiquer.

Ils ont affirmé que c’était les consignes qu’ils avaient reçues de ta mère et de son avocat parce que tu ne devais pas être soumise à l’influence de la famille de ton père.

Je me souviens de la colère de notre père et du chagrin de notre mère. Ils étaient, ils sont toujours, très attachés à toi. Tu es leur petite fille au même titre que leurs neuf autres petits enfants. Ils t’ont tenus dans leurs bras à ta naissance, tu as fais tes premiers pas dans notre maison familiale à Meyzieu, tu connaissais la place des gâteaux dans leur camping-car, tu aurais du partagés encore pleins d’autres moments de bonheur avec eux comme l’ont fait tes cousins et cousines.

 

 Ton grand père avec ta cousine Léonie au Parc de la Tête d'Or à Lyon en juillet 1991

 

Ta grand mère avec ta cousine Florence à Meyzieu pour Noêl 2001

 

Tes grands parents avec ton cousin Jérémy et ta cousine Coline. Pour les noces d'or de tes grands parents en juillet 2003, tes cousins et cousines avaient organisés "une chasse au trésor" pour leurs grands-parents. Sur cette photo ta grand-mère tient entre ses mains "le trésor" , il s'agissait d'un coffret fabriqué par ton cousin Julien, contenant une pépite d'or que tes cousins et cousines avaient achetée pour leurs grands-parents.

 

Tu trouveras d'autres photos de tes grands-parents avec tes cousins et cousines sur ce blog dans la rubrique Photo.

 

 

Ils avaient passés du temps chez les parents de ta mère, avant et après la séparation de tes parents. Et à priori, tout c’était toujours très bien passé. Nos parents pensaient pouvoir discuter sereinement avec eux et par leur biais garder un contact avec toi. Mais la conversation a tourné court, les parents de ta mère étant très agressifs.

 

Tes grands-parents paternels ont du attendre que ta mère assigne de nouveau ton père devant les tribunaux pour connaître ta nouvelle adresse.

Nous avons donc tenté une nouvelle fois de t’écrire et pour le nouvel an 2003 nous t’avons envoyé une carte, je m’en souviens car c’est moi qui l’ai choisie : c’était un petit chat tout semblable à mon chat Socrate.

Mais ce courrier ne t’est jamais parvenu lui non plus, puisqu’il nous est revenu avec la mention « Refusé par le destinataire ».

 

Tes grands-parents ont alors pris contact avec un avocat afin de savoir comment ils pouvaient garder des liens avec toi.

Ils avaient déjà envisagé de le faire après la courte conversation qu’ils avaient eue avec les parents de ta mère. Mais, l’avocat de Bernard avait jugé que c’était prématuré et que cela risquait d’être mal perçu par le juge qui instruisait le dossier de ton père.

Je n’ai jamais bien compris cet argument. Pour moi il s’agissait de deux choses différentes et si le juge d’instruction n’était pas capable de le comprendre alors il y avait du souci à se faire pour la justice de notre pays. Cependant, tes grands-parents ont choisi de suivre le conseil de l’avocat de ton père, après tout il devait connaître son métier et les réactions du juge d’instruction.

 

Pourtant, cette fois-ci, ils ont décidés de consulter une avocate sur Lyon qui était capable d’avoir du recul.

Cette avocate n’a pas non plus compris la position de l’avocat de ton père lorsque nous l’a lui avons exposée, mais avant d’entreprendre toute action, elle a souhaité le contacter. Il n’était bien entendu pas question de nuire à la défense de ton père.

L’avocat de ton père a confirmé sa position, affirmant qu’une action entreprise par tes grands-parents paternels pour te voir, serait interprétée comme une volonté de faire pression sur toi et ta mère et même sur le juge…

Même si notre avocate ne partageait pas cet avis, elle a conseillé d’attendre la procédure engagée à l’encontre de ton père. Lorsque celle-ci serait terminée, nous ne pourrions plus être soupçonné de vouloir interférer dans cette procédure.

Bien sûr nous pouvions toujours continuer de t’écrire mais nous avions la certitude que ces lettres ne te parviendraient jamais, le message de ta mère, en refusant notre carte du nouvel an, était clair : elle ferait obstacle à toute tentative de contact entre toi et notre famille.

 

Après la condamnation de ton père, qui nous a tous stupéfié mais ce n’est pas le sujet d’aujourd’hui, et son incarcération, tes grands-parents ont repris contact avec leur avocate.

Cette fois ci plus rien ne s’opposait à leur démarche.

 

Dans un premier temps, notre avocate a tenté d’entrer en contact avec ta mère par le biais de son avocate.

Elle voulait parvenir à un accord amiable, avant d’entamer une procédure devant un juge. Tenter de se comporter en personne sensée et raisonnable, voilà l’objectif voulu.

Nous ne nous faisions guère d’illusion compte tenu de tout ce qui s’était passé avant, mais dans ton intérêt, il fallait essayer d’éviter une procédure qui risquait de te perturber.

Mais ta mère et son avocate n’ont jamais pris la peine de nous répondre. Elles ne nous ont pas laissé d’autre choix que de faire appel à un juge.

Ce ne fut pas de gaieté de cœur, tu avais déjà vécu tant d’épreuves depuis ta naissance, mais il n’était pas possible de te laisser croire que toute ta famille paternelle s’était détournée de toi comme l’affirmait ta mère.

 

Bien sûr, cette procédure avait peu de chance d’aboutir puisque, contrairement à l’idée reçue pour les grands parents ce n’est pas un droit de voir leurs petits enfants, il faut que ceux-ci soient d’accord de les voir. La décision appartient, en principe, à l’enfant.

Or tu n’avais pas encore fêté ton sixième anniversaire, lorsque ta mère t’a coupée du reste de ta famille et cela faisait plus de six ans que nous étions sans nouvelles de toi, et toi sans nouvelles de nous.

Ta mère et ses parents avaient pu œuvrer en paix pour te forger une opinion négative sur nous.

Seulement, voilà, si nous ne tentions pas cette procédure comment te faire savoir que tu as une autre famille qui pense toujours à toi, que la porte de cette famille t’est grande ouverte, et que tu seras toujours la bienvenue parmi elle.

 

Notre avocate a donc assigné ta mère devant le juge.

 

La réaction de ta mère a été d’une mauvaise foi sans égale.

Je ne peux malheureusement pas utiliser d’autre qualificatif, puisqu’elle a affirmé qu’elle ne s’était jamais opposé à ce que tes grands-parents paternels gardent le contact avec toi, bien au contraire, elle a regretté cette défection qui t’a beaucoup perturbée, et si six années ne s’étaient pas écoulées sans que tes grands-parents ne se manifestent elle aurait été d’accord pour accéder à leur demande. Mais aujourd’hui c’était trop tard, tu avais trop souffert de ce silence.

Par ailleurs, elle poursuivait, qu’avant de l’assigner en justice nous aurions pu tenter une approche amiable à laquelle elle aurait répondu favorablement !!!!

Et elle concluait en demandant un dédommagement financier pour le préjudice qu’elle subissait du fait de cette action !

 

J’ai cru tomber des nues en lisant l’argumentaire de ta mère. Je savais qu’elle était capable de mensonges éhontés, mais je trouvais culotté de sa part un tel aplomb alors que nous avions en notre possession les courriers qui nous étaient revenus.

Autour de tes grands parents se fut la mobilisation complète. Famille directe ou indirecte (leur ex-belle fille, la fille d’une de leur belle-fille, la compagne de l’un de l’aîné de leur petit-fils entre autres), amis de longues dates, ils ont tous répondu présents pour témoigner sur le fait que nos parents étaient des grands parents formidables qui accordaient la même place dans leur cœur à chacun de leurs petits enfants et qui souffraient de ne pas avoir de tes nouvelles, de ne pas te voir grandir.

 

Devant cet afflux de témoignages ta mère a convenu que les qualités de tes grands-parents n’étaient pas contestables, mais elle ne démordait pas du fait que tu avais été très affectée par leur silence et que tu t’étais sentie abandonnée encore une fois.

Devant la production des courriers qui nous étaient revenus, son seul argument était qu’elle avait déménagés plusieurs fois au cours de ces six années (au moins 3 fois) et que c’est pour cela que les lettres n’étaient jamais arrivées !!!

Soit, une n’était pas arrivée, mais l’autre avait été refusée !

A cela ta mère n’avait rien à répondre.

En effet, je ne vois pas trop ce qu’elle aurait pu dire pour sa défense. 

 

Quant à ses déménagements répétés : comment pouvait-elle reprocher à tes grands parents de ne pas avoir garder le contact avec toi, alors qu’elle n’a jamais pris la peine de les informer de tes changements d’adresses successifs.

De plus, devant ta souffrance de ne plus avoir de nouvelles de tes grands parents, pourquoi n’a-t-elle pas, elle-même pris l’initiative de contacter tes grands-parents pour leur en parler, puisqu’elle ne nie pas leurs qualités indéniables de grands-parents attentifs et attachés au bien être de leurs petits enfants. D’autant plus, qu’eux n’ont jamais changé d’adresse depuis plus de vingt ans…

 

Peut-être mes propos te sembleront-ils un peu acerbes et amères, mais je ne peux qu’être révoltée devant tant d’années et d’occasions gâchées pour toi de vivre d’immenses moments de bonheur et de tendresse avec ces grands-parents si formidables. Tes cousins et cousines pourraient t’en parler mieux que moi.

 

Cette année ta grand-mère fêtera ses 80 ans, toute sa famille espère bien être autour d’elle pour les fêter, mais nous savons qu’il y aura deux absents : son fils bien aimé (ton père) et toi. Bien sûr tous les autres seront là, mais rien ne remplacera ces deux absents.

 

La procédure a duré plusieurs années et à chaque audition tes grands-parents ont fait le trajet Lyon Saintes, pour être présent.

Ta mère n’a jamais dédaigné se déplacer.

 

Le juge a fait nommer un administrateur ad hoc pour te représenter. En effet, pour la première fois dans une procédure te concernant, un juge a estimé que ta mère (ou ton père) ne pouvait valablement te représenter, son objectivité ne pouvant être garantie.

Et puis aussi, pour la première depuis six ans, le juge a demandé à ce que tu sois entendue. Jusqu’à présent tu n’avais jamais été consultée pour aucune décision te concernant, même pas au moment de ton changement de nom.

 

Cette audition a été très révélatrice pour nous, et pour le juge. Puisque nous avons pu constater que tu étais très fragile, que tu ne connaissais absolument rien de notre famille, même pas les prénoms de tes grands-parents et que tu étais persuadée que c’était ton père qui manoeuvrait tes grands-parents pour pouvoir t’enlever.

 

Au bout de cette procédure qui a été mise en délibérée fin décembre 2007, le juge a décidé que tes grands-parents avaient le droit de t’écrire et ta mère l’obligation de te remettre ces courriers, car selon lui tu ne parviendrai pas à trouver ton équilibre et ton identité en l’absence de cette autre famille.

Tes grands-parents ont été informé de cette décision en janvier 2008, et afin d’être sûr que leurs courriers te parviennent, notre avocate a demandé, et elle a du s’y reprendre à plusieurs reprise n’obtenant pas de réponse, à l’avocate de ta mère de nous communiquer précisément ton adresse.

 

Tes grands-parents ont alors commencé leur correspondance à sens unique, sans même savoir si tu avais bien leur courrier entre tes mains, puisque tu n’as jamais répondu et que, finalement, même si ta mère a « l’obligation » de te remettre ces lettres, il n’y a aucun moyen de s’assurer qu’elle s’acquitte de cette obligation.

 

Qu’importe, tes grands-parents continuent de t’écrire, avec l’infime espoir qu’un jour tu prendras conscience que cette famille que tu ne connais pas, ne t’a jamais été hostile, n’a jamais voulu ni t’enlever ni te faire du mal et que quoiqu’en dise ta mère tu en fais partie au même titre que chacun de ses membres.

 

 

J’ai dis au début, que cela va faire bientôt 10 mois que ton père est mort, et depuis tout ce temps, notre avocate a vainement tenté d’obtenir de ta mère qu’elle fasse connaître officiellement sa position sur la succession de ton père.

Ses premiers courriers sont d’abord restés sans réponse, puis notre avocate a obtenu une première réponse fin juin 2008 (soit plus de trois mois après son premier courrier). Cette réponse l’a extrêmement  choquée puisque ta mère et son avocate affirmaient que nous avions inventé la mort de ton père (dans quel but : je l’ignore) car elles avaient mené leur enquête (quelle enquête ? auprès de qui ?) et avaient la certitude que tout n’était qu’affabulation de notre part.

Si notre avocate a été choquée tu peux imaginer ce que ce fut pour tes grands parents et le reste de ta famille qui essayaient tant bien que mal de surmonter la disparition d’un être aimé.

 

En réponse, notre avocate a fait parvenir à l’avocate de ta mère le certificat de décès de ton père. Devant cette preuve officielle, nous pouvions peut-être espérer un peu plus de compréhension de la part de ta mère.

Mais rien n’y a fait, elle est demeurée silencieuse face aux demandes répétées de notre avocate.

A bout de patience, début août, celle-ci a fini par faire parvenir à ta mère une sommation, lui demandant d’indiquer sa position. Dans cette sommation, notre avocate prenait la peine d’exposer à ta mère tous les choix possibles, en lui indiquant les différentes procédures à suivre. Elle lui donnait un délai de deux mois pour faire connaître sa décision.

 

La réponse de ta mère est arrivée chez notre avocate le 29 septembre 2008, elle renonçait en ton nom à la succession de ton père.

Mais cette réponse, d’un point de vue juridique, n’est pas valable.

Comme notre avocate le lui avait expliqué dans la sommation, pour être valable une telle décision doit être soumise et validée par le juge de tutelle. Ta mère n’a pas le droit de renoncer de son propre fait, en ton nom à l’héritage de ton père.

 

Depuis, nous attendons que ta mère veuille bien faire entériner sa décision par le juge des tutelles. Mais malgré les courriers de notre avocate et de notre notaire, ta mère fait traîner.

Pour tes grands parents c’est une peine et un fardeau supplémentaires, mais il semblerait que ta mère n’ait nulle intention de soulager leur douleur.

 

Il me semble important que tu saches tout cela.

Peut-être ce jour viendra où tu te demanderas pourquoi ta mère a fait preuve d’un tel acharnement sur envers ta famille paternelle, et si les propos qu’elle a tenus sur ton père et sa famille ont un semblant de vérité.

 

Ta tante

Isabelle



Article ajouté le 2009-01-10 , consulté 64 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens

Voir les articles de la catégorie " Pour ta fille "


Retour aux articles


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever