Ton père
Ce blog nous l'avons voulu pour que tu apprennes à connaître un peu mieux ton père.
Je t'ai déjà beaucoup parlé de lui, j'ai déjà mis beaucoup de photos, mais aujourd'hui je voudrais te faire découvrir ce qu'il aimait et ce qu'il n'aimait pas.
Il détestait les choux de bruxelles. Il y avait quelques plats qu'il n'aimait pas, mais par-dessus tout il détestait les choux de bruxelles. Il pouvait se forcer à manger quelque chose qu'il n'aimait pas mais jamais personne n'aurait pu le convaincre d'avaler un chou de bruxelles.
Comme toi (enfin du moins selon les souvenirs que j'en garde), il n'aimait pas les épinards, même s'il lui arrivait d'en manger. Il ne faisait pas de folie, entre autres, des frites, ni de la crème chantilly. Il n'aimait pas non plus spécialement les sorbets.
Par contre, il savait accommoder selon différentes recettes les pâtes et le riz, il aimait le foie et les fruits de mer. Il aimait la fondue savoyarde. Adorait le gruyère et en général le fromage.
Il mangeait des crêpes au Roquefort. Patricia, notre cousine, se souvient certainement des descentes de Roquefort qu'il faisait lorsqu'elle faisait des crêpes.
Il savait très bien cuisiner. J'adorais son gratin de pâtes. Adolescent, c'est lui qui nous préparait les quiches lorraines. Et les derniers temps, il avait apprivoisé la recette de la tarte au citron meringuée, spécialité de ta grand-mère paternelle : un véritable régal.
Sans être un grand sportif, ton père aimait courir. Il faisait de temps en temps des footings avec ta tante (et marraine) Nadia et ton cousin Florian. Il pratiquait le vélo, seul ou avec l'un de tes oncles, le plus souvent ton oncle Thierry, leur plus grande gloire étant d'avoir vaincu le mont Ventou, mais aussi avec ton oncle Didier.
Je partais parfois en vélo avec lui, et il était très patient avec moi. Bien sûr cela m'exaspérait bien un peu de le voir filer puis revenir vers moi en me demandant pourquoi je traînais, puis repartir pour revenir.
Je prétendais qu'il pouvait me tourner autour trois fois remonter au sommet et revenir sans que je n'ai pu avancer plus de 100m.
Au cours de nos vacances en Bretagne, tous les trois, nous avons fait beaucoup de vélo. Il t'installait derrière lui dans un siège adapté, et nous partions.
Dans les descentes tu riais en lui criant : « plus vite papa, plus vite ». Moi, je freinais tout ce que je savais, car je détestais ces grandes descentes.
Dans les montées, malgré ta présence, il me distançait facilement. Les gens que je croisais me disaient toujours « votre mari et votre fille sont déjà loin devant, aller courage vous y êtes presque ». Je me retenais de leur dire que : et d'une c'était pas mon mari, autrement il aurait entendu parler du pays et de deux que je faisais déjà le maximum….
Mais je garde de très bons souvenirs de ces moments là.
Passé un temps nous jouions aussi au tennis, ton père, ton oncle Alain, ta tante Nadia et moi. Je me suis bien prise une ou deux balles sur la tête, mais nous nous amusions bien tous ensemble.
Ton père aimait aussi beaucoup la mer et le voilier. Avec tes grands-parents paternels il a fait beaucoup de voyages en mer, il a traversé plusieurs fois la manche en voilier.
Bernard à la barre de TI-BADH : Juillet 1981 Falmouth (Angleterre)
En août 1989, avec ton oncle Alain, ta tante Nadia et ta cousine Léonie qui venait de naître, il est allé en Corse en voilier.
Sans y jouer, ton père s'intéressait au football, il supportait les FC Nantes depuis son enfance. Il se passionnait aussi pour le Rugby, passion transmise par ton cousin Jérémy. Tous les deux, accompagnés de Sophie et de sa sœur, ils allaient voir ensemble des matchs de Rugby.
Il aimait la musique. La musique classique mais aussi la variété française ou internationale. Fan des premiers jours (et je cite pêle-mêle) de Mylène Farmer, Cindy Lauper, Madonna, Mickaël Jackson, Indochine, Moby, Bénabar, Etienne Daho, Vanessa Paradis. Il était très éclectique, écoutant aussi bien Brassens, Brel, Queen, Les Beatles, Souchon, Les Cranberries, Tracy Chapman, Handel, Mozart, Beethoven, France Gall, Toto Cutugno, Yannick Noah, Yves Simon, Niagara, Elvis Presley, Claude Nougaro, Pierpoljak et bien d'autres…
Ce n'était pas un grand littéraire et il ne lisait pas beaucoup de roman, mais il s'intéressait et se passionnait pour beaucoup de choses : l'astronomie, les mathématiques (il était doué d'un esprit très logique et matheux), l'histoire, la géographie, la peinture, la politique. Il se documentait à droite et à gauche. Il aimait échanger sur ces différents thèmes.
En fait, il était très curieux et très ouvert, et aimait apprendre le plus de choses possibles. Il ne fermait pas son esprit, même s'il n'était pas en accord avec ce qui était dit, il écoutait.
Ses plus grandes qualités étaient sa patience et son calme. Je ne me souviens pas, d'aussi loin que remonte mes souvenirs, l'avoir vu une seule fois en colère. Moi, il m'arrivait de bouder, de faire la tête, mais j'ai beau fouiller ma mémoire, je ne le vois pas une seule fois bouder ou s'énerver. Il pouvait être tête de mule et rester buté sur son idée, mais jamais il n'arrivait à se fâcher, c'était d'ailleurs, parfois, assez désarmant et agaçant.
Il était d'humeur égale. Il savait me faire rire aux éclats, je crois que personne ne savait me provoquer des crises de fous rires à part lui.
Il aimait les animaux et plus spécialement les chats. Du temps où ta mère vivait encore avec lui, et après, il avait une chatte : Capucine. Toi aussi tu aimais bien les animaux, tu aimais beaucoup Capucine et puis tu aimais aussi mon chat Socrate.
Voilà, il y a encore sans doute beaucoup de choses que ton père aimaient et n'aimaient pas. Mais aujourd'hui je voulais te parler de ces choses là. Plus tard, je te parlerai sans doute d'autres choses, ou bien je développerais certaines des choses que j'ai déjà évoquées…
Il reste encore tant à dire sur ce père que tu n'as pas eu le temps de vraiment connaître.
Et puis, n'oublie jamais que ce qu'il aimait plus que tout au monde, ce qui avait le plus d'importance à ses yeux, c'était toi.
Ce blog est là pour te parler de lui, te parler de nous, cette famille que tu ne connais pas, mais aussi pour te transmettre ce message de ton père : qu'il t'aimait, qu'il n'avait jamais cessé de t'aimer, que tu étais sa plus grande fierté.
Ta tante Isabelle

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