Lundi 17 mars 2008
Lundi 17 mars 2008.
La nuit fut courte, le réveil douloureux.
Nous aurions sans doute tous aimé avoir du temps pour assimiler la nouvelle, surmonter le choc.
Mais il y avait tant à faire.
Prévenir notre avocate, pour qu’elle contacte l’avocate de C., car désormais allait se poser le problème de la succession. Sa fille était sa seule héritière, et sa mère C. a tout fait pour nous tenir loin d’elle.
Nous devinions déjà que cela poserait problème, inutile de compter sur C. pour y mettre du sien.
Et puis, il fallait s’occuper des funérailles.
Maman m’a demandé quels vêtements choisir pour Bernard : son beau costume neuf ou une de ses tenues décontractées qu’il aimait tant.
Je ne savais pas quel conseil lui donner, je lui ai dis de demander son avis à Mireille.
De la même façon, je n’ai pas voulu les accompagner aux pompes funèbres, j’aurai été incapable de prendre la moindre décision.
Mireille a suggéré de disperser ses cendres là où il avait choisi de mettre fin à ses jours, mais maman s’y est opposée. Elle voulait qu’il soit près d’elle.
J’ai été voir mon médecin,
Il m’a prescrit un arrêt d’une semaine, des somnifères et des anti-anxiolytiques, en cas de besoin.
Je savais déjà que j’en aurai besoin car inutile de se prétendre plus forte que je ne le suis : je ne suis pas wonder woman.
De plus ma capacité à surmonter les épreuves a largement été entamée ces dernières années.
Dans la matinée, j’étais passée au bureau pour laisser les consignes sur mes dossiers en cours. Je ne suis pas restée longtemps, car je manipulais les papiers sans les voir, impossible de fixer mon attention dessus.
A mon retour de chez le médecin, j’ai donc prévenu mon patron de mon arrêt de travail.
Thierry et Christine sont arrivés dans l’après-midi, avec Florence, leur fille, et son ami.
Julien, leur fils aîné, et Heidi son amie, ne pourraient pas venir, ils étaient en pleine semaine d’examen.
Jérôme, leur second fils, allait essayer de s’arranger à son travail pour venir un peu plus tard.
J’ai gardé un souvenir très flou de cette journée, je ne me souviens plus très bien dans quel ordre se sont déroulés les événements.
Papa, maman, Hervé et Mireille sont revenus de Lagnieu.
Alain, Nadia et leurs enfants sont arrivés.
Eric est passé.
Nous avons parlé des dispositions prises pour la cérémonie.
Nous avons prévenus tout le monde.
Je crois que j’ai téléphoné à Patricia, à Joël, à Sonja, à Catherine.
Nous avons discuté de la musique que nous voulions pour la cérémonie, nous n’étions pas très sûr de nous, et pas tous du même avis.
Hervé a téléphoné à son fils Jérémy.
Et il a demandé à A. si elle avait un choix de musique. Elle nous a proposé le Requiem de Mozart.
Nous n’avions pas ce morceau en disque.
Papa a téléphoné à Jean pour savoir s’il l’avait. Jean a toujours beaucoup de choix en musique classique. Il l’avait sur radiocassette, et il nous en a fait une copie sur CD spécialement pour Bernard.
Je n’ai pas de souvenirs plus précis de cette journée.
Je sais qu’avant de partir j’ai donné la moitié de mes somnifères à ma maman. Elle avait besoin de passer une véritable nuit de sommeil.
Je suis rentrée chez moi et j’ai pris la moitié d’un somnifère pour dormir.
Isabelle

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