Mercredi 19 mars 2008 : l'adieu
Mercredi 19 mars 2008.
Nous sommes partis en cortège de chez mes parents.
Mes souvenirs sont imprécis, car j'ai vécu cette journée en me laissant porter par les gens et les événements.
Je crois que j'ai pris ma voiture pour aller au funérarium, mais je ne saurai l'affirmer, ni même nommer les personnes qui étaient avec moi.
Arrivé sur place, il y avait déjà des gens qui attendaient. J'ai mis un certain temps avant de les reconnaître. D'ailleurs, je crois que je n'ai assimilé leur présence que lorsque l'un de mes frères ou mes parents les nommaient.
Il y avait la famille : Jacques, notre oncle, et ses deux filles Gaëlle et Christelle, Cathy, notre tante, et son fils Eric, Martine et Patricia, nos deux cousines venues du Sud.
Il y avait les amis : ceux de mes parents, ceux de mes frères, les miens et puis ceux de Bernard.
Lorsque nous sommes entrés dans la salle du funérarium, Alain m'a dit : Joël est là. Je l'avais vu mais j'avais été incapable de lui donner son nom. En fait, comme pour la plupart des gens qui étaient là, j'étais incapable de leur donner leur nom avant qu'une autre personne ne prononce ce nom.
Il y avait beaucoup de gens, les citer tous serait très long, mais nous les gardons en mémoire, pour tout leur soutien.
Je me suis installée au deuxième ou troisième rang, je ne sais plus, avec Joël. Je regardais autour de moi, sans trop savoir ce que je voyais ou ce que je cherchais à voir.
J'ai aperçu Sonja, au fond de la salle, je me suis levée pour aller la chercher.
Entourée de Joël et Sonja, je me sentais peut-être encore plus proche de Bernard, protégée et entourée par l'amitié et le soutien qu'ils avaient toujours su lui apporter.
Nous avons tous fait silence sur le Requiem de Mozart.
Ensuite il y a eu le « Ce n'est rien » de Julien Clerc, et le début de « J'ai rêvé d'un autre monde » de Téléphone.
Puis Sophie s'est approchée du pupitre, accompagnée et soutenue par Jérémy.
Elle a lu un très joli passage de l'œuvre d'Antoine de St Exupéry, « Le Petit Prince ».
Mireille et Hervé avaient choisi le passage et Sophie l'avait répété dans la voiture en venant.
J'ignore où elle a trouvé la force de lire tout le texte. Mais nous l'en remercions.
Quand elle eut fini, Thierry s'est levé pour remercier tout le monde au nom de nos parents et de ses frères, il m'a oublié au passage mais en fait, il m'a avoué plus tard qu'il voulait dire autre chose et puis qu'il ne se souvenait plus de ce qu'il avait fini par dire.
Je ne lui en veux pas de m'avoir oubliée, cela me permet de le taquiner un peu.
Alain m'a tenu la main, pour le dernier adieu.
Sonja n'a pas voulu assister à la crémation. Elle est partie car la douleur était trop forte pour elle. Elle m'a envoyé un mail plus tard.
Les gens sont repartis peu à peu.
Joël n'a pas voulu rester, il est reparti sur Albi.
Plus tard il m'a envoyé un SMS : « Voilà le retour au quotidien reprend dès demain avec le travail, ainsi va la vie. Courage. Joel »
La famille et quelques amis nous ont accompagné jusqu'à Meyzieu chez nos parents.
Nous avons tous mangé ensemble.
Nous devions nous rendre dans l'après-midi au cimetière.
Jérémy, Sophie et A. devaient reprendre leur train en fin d'après-midi, mais ils ont décidés de reporter leur départ au lendemain matin.
Nous sommes donc allés changer leurs billets et nous avons rejoins tout le monde au cimetière.
Kiki n'a pas pu repousser son départ, elle est repartie après le cimetière.
Il n'y a pas grand-chose à dire. Il n'y avait qu'une profonde tristesse en chacun de nous :


Jérémy, Sophie et A. ont émis le désir de se rendre sur les falaises avant de partir. Alors après le cimetière, j'ai refais ce chemin que je connaissais déjà.
En approchant, les larmes coulaient silencieuses sur mes joues. Je me suis garée là où les gendarmes avaient retrouvé la voiture de Bernard. Sur le sol, il restait des bris de la glace qu'ils avaient dû casser.
Nous nous sommes rendu à pied à l'endroit d'où Bernard s'était jeté dans le vide, et nous sommes restés un moment silencieux à pleurer, proches les uns des autres.
Avant de regagner la voiture pour rentrer à Meyzieu, A. a cueilli quelques fleurs (identiques à celles en toile de fonds de ce blog, puisque cette photo a été prise là haut).
Ce fut une journée chargée d'émotion et de tristesse qui s'est achevée.
Isabelle, sa soeur.

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