Ton père et ta mère
Ce blog, nous l'avons voulu pour toi, et pour ton père.
Pour que tu saches que ton père était quelqu'un de bien et surtout quelqu'un qui avait beaucoup souffert.
Malgré toute cette souffrance, il n'a jamais cessé d'être souriant et aimant.
L'ampleur de sa souffrance, il nous l'a dissimulé, à nous tous qui l'aimions, pour ne pas nous blesser, pour ne pas nous inquiéter.
Je me suis longtemps demandée comment te parler de ces événements qui ont bouleversé la vie de ton père.
Peut-être, d'aucun penseront qu'il serait préférable d'oublier tout ça. Mais comment le pourrait-on ?
Pouvons nous continuer à vivre comme si rien ne s'était passé, en ignorant ce qui a poussé ton père à se jeter de cette falaise le 13 mars 2008 ?
Et puis, petite fille, qui te parlera de ton père si nous ne le faisons pas. Qui te racontera ce qu'il a vécu, enduré loin de toi.
Ta mère ? Elle a supprimé de ta vie toute trace de ton père.
Elle nous tient à l'écart de toi, nous refusant tout contact.
Pourtant tes grands-parents continuent de t'écrire, même s'ils savent que leurs lettres ne t'arrivent pas.
Certaines leur sont revenues avec la mention « n'habite pas à l'adresse indiquée » ou « refusée par le destinataire » (en fait refusée par ta mère en ton nom).
Un jour, je te raconterai aussi le combat mené par tes grands-parents pour garder un lien avec toi.
Je voudrais t'épargner, mais impossible de te parler de la souffrance de ton père sans impliquer ta mère. Alors inévitablement, ce sera difficile pour toi, j'en suis désolée.
Commençons par la rencontre de tes parents. C'était en novembre 1991 à Paris.
A cette époque ta mère habitait et travaillait dans la banlieue parisienne.
Quant à ton père il vivait depuis déjà de nombreuses années à Pertuis, dans le vaucluse. En tant que technicien itinérant, il couvrait une grande partie du Sud-ouest de la France.
En novembre 1991, son ami, Joël, l'invite à Paris. Il organise une fête, à laquelle assiste ta mère avec une amie, le frère de Joël, Alain et Nadia (ton oncle et ta tante et marraine), ainsi que deux ou trois autres personnes.
Ton père et ta mère se revoient plusieurs fois, par la suite.
Ils passent le noël de cette même année, à Meyzieu avec nous tous, et le jour de l'an chez les parents de ta mère.
Les événements s'enchaînent ensuite assez vite, puisque ta mère décide de s'installer dès l'année suivante avec ton père à Pertuis
Elle trouvera un travail à mi-temps à Aix en Provence.
Cette même année 1992, nous passons nos vacances tous les trois (ton père, ta mère et moi) en Islande. Heureuse période dont les souvenirs ne sont ternis que par les évènements de ces dernières années.
En août 1993, ta mère organise, avec Patricia, notre cousine, à Cavaillon, une fête pour les 30 ans de ton père. Il y a Abel, Joël avec sa femme et ses enfants, Martine, notre cousine, Alain et Nadia et d'autres amis et membres de la famille.
En novembre 1993, tes parents passent des vacances en amoureux à Ténériffe. Ils en reviennent ravis, je me souviens encore de leur enthousiasme lorsqu'ils m'en parlaient.
Pour les fêtes de fin d'année, ils se partagent entre Rochefort, où s'est réuni une partie de notre famille chez Didier et Nicole (ton oncle et ta tante), et la maison des parents de ta mère près de Saintes.
Ces derniers invitent d'ailleurs toute la famille chez eux pour noël.
A Pâques 1994, toute notre famille est réunie pour l'anniversaire de ton oncle, Thierry et mon anniversaire. Tes parents sont là eux aussi, heureux de ta future naissance.
Il y a aussi Gaëlle, notre cousine et « la presque jumelle » de ton père. Elle aussi attend un enfant, et ton père et elle s'en amusent. Leurs enfants seront, elles aussi, « presque » jumelles.
Notre famille à Pâques 1994 (notre grand-mère maternelle, nos parents, nous 6 et tes cousins et cousines).
Isabelle, ta tante.

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