Ton père et toi : court intermède de bonheur entre la fin du calvaire et le début du cauchemar
La séparation de tes parents, ton père ne l'a pas souhaitée. Bien au contraire, il a tout essayé pour que vous formiez une famille.
Cependant, dans tous les procès qu'elle va intenter à ton père, ta mère n'aura de cesse de prétendre que ton père vous a abandonnées toutes les deux.
Et il aura beau s'en défendre, apporter toutes les preuves dont il dispose, aucun juge ne prendra en considération cette défense. Aucun juge ne prendra la peine d'étudier ces preuves, pour eux cela ne prouvait rien.
Pourtant cela prouvait que ta mère mentait, et ça, ce n'était pas négligeable.
Ta mère continue, sans doute, à te dire que ton père t'a abandonnée à ta naissance. Depuis le temps qu'elle le répète, peut-être a-t-elle fini par s'en convaincre. Mais, ce n'est pas parce qu'elle s'en est convaincue que c'est la vérité.
Cela lui permet peut-être d'avoir bonne conscience, et de minimiser sa part de responsabilité dans la mort de ton père.
Pourtant, petite fille, les faits sont là. Ton père ne t'a jamais abandonnée, il n'a jamais voulu vous perdre. Et si tu lis ces mots, si tu vas jusqu'au bout, tu verras tout ce dont ton père a été capable pour être près de toi.
J'ai eu plusieurs fois l'occasion de discuter avec ton père tout au long de la période qui a suivi ta naissance. Et je crois que, même si l'issue de la relation de tes parents me semblait inévitable, ton père gardait espoir car il aimait toujours ta mère.
Et même après l'annonce de cette rupture, il a gardé en lui le secret espoir qu'elle reviendrait.
Je me souviens lui avoir conseillé de faire constater le départ de ta mère, et de formaliser avec un avocat les droits de visites et le montant de la pension qu'il lui versait, car quoiqu'en dise ta mère, ton père a versé une pension alimentaire dès la rupture.
Je n'ai pas été la seule à lui conseiller de faire appel à un avocat.
Mais, voilà, ton père avait la naïveté d'un homme amoureux. Et puisque ta mère semblait avoir retrouvé la parole, et un semblant d'équilibre, il ne voulait pas faire intervenir un tiers.
Il me disait, que tout se passait très bien, et que ta mère n'avait pas l'intention de l'empêcher de te voir.
Ils étaient devenus amis, elle lui confiait ses problèmes pour trouver un boulot, ses conflits avec ses parents et ton père servait de médiateur.
Pourtant, témoin extérieur des événements, je n'avais pas trouvé l'attitude de ta mère très franche, et, bien loin d'imaginer ce dont elle était réellement capable, je ne pouvais m'empêcher de penser qu'un jour ou l'autre, elle jouerait un sale tour à ton père.
Et j'ai tenté de mettre en garde ton père. Mais rien n'y a fait. Il aimait toujours ta mère et ne pouvait concevoir que cela puisse mal se passer entre eux.
Alors, en attendant la proposition d'un vrai poste sur la région charentaise, il reste à Pertuis. Malgré la distance, il s'arrange pour aller te voir le plus souvent possible, et pour passer ses vacances avec toi.
Chaque séparation était difficile, autant pour toi que pour ton père. Je t'ai vu plusieurs fois, pleurer lorsque ton père t'annonçait qu'il te ramenait à ta mère. Tu lui demandais pourquoi ta mère ne venait pas vivre avec vous.
A la fin d'un jour de l'an que tu passais à Meyzieu avec nous, tu as détruit la crèche en pain d'épices, et lorsqu'on t'a demandé pourquoi tu avais fais ça, tu as répondu que c'était la maison de ta maman, comme ça si elle n'avait plus de maison, elle serait obligé de venir vivre avec vous deux.
Il y a eu souvent des scènes déchirantes, des cris, des pleurs. Ton père cherchait toujours les mots rassurants, apaisants.
Mais, même si ton père faisait son maximum pour passer le plus de temps possible avec toi, il ne pouvait malheureusement pas faire le trajet Pertuis Saintes (775 kms entre Pertuis et la maison de tes grands-parents maternels où tu habites) tous les week-end, ni même tous les quinze jours.
Alors vous étiez malheureux tous les deux.
Cette situation a duré jusqu'à la fin de l'année 1996.
En novembre 1996, ton père obtient enfin la confirmation de sa mutation sur la région Charentaise.
En janvier 1997, il emménage chez tes grands parents maternels, en attendant de se trouver un logement.
Ta mère, elle, s'installe avec son nouveau compagnon. Mais toi, tu passes la majeure partie de ton temps chez tes grands parents maternels et ton père peut enfin se consacrer tout à toi, et il ne s'en prive pas.
C'est un père à nouveau heureux.

Je ne peux malheureusement pas publier des photos de toi et ton père, car il y a fort à parier que ta mère s'empresserait de me faire un procès pour utilisation non autorisée de ton image ou je ne sais quel autre prétexte.
Alors, pour te montrer cette tendresse et cet amour paternel, tel que ton père les concevait, j'ai choisi cette photo de ton oncle Thierry et de sa fille Florence.
Mais je pourrai tout aussi bien te montrer cette autre photo, de ton oncle Alain et de sa fille Coline :

ou bien encore celle de ton oncle Hervé et de sa fille Aurélie :

Voilà, ces photos sauront-elles te faire comprendre quel était ce lien si fort qui t'unissait à ton père et que ta mère a brisé ?
Comprendras-tu la douleur de ton père de n'avoir pas pu vivre ces instants avec toi.
Bien sûr, ton père ne peut pas indéfiniment habiter chez les parents de son ex-compagne. C'est une situation assez exceptionnelle, qui va cependant durer pendant un an.
Pendant un an, tes grands parents vont héberger ton père, le considérant comme le fils de la famille.
C'est lui qui servira de médiateur pour faire accepter par les parents de ta mère, son nouveau compagnon.
Il arrondira toujours les angles dans les relations de ta mère avec ses parents, de ta mère avec son nouveau compagnon.
Ce qu'il veut, ce qu'il recherche c'est un environnement stable et sans conflit pour toi. Une situation où tu n'auras pas à faire des choix.
En janvier 1998, il prend un appartement dans une maison à proximité de Bordeaux. La faible distance vous séparant, vous permette de vous voir pratiquement un week-end sur deux.
Tu as ta chambre, tes meubles, tes jouets, ta place chez lui. Et tu y es bien.
L'été 1999, est la dernière fois où je t'ai vu. Cet été là, ton père et toi vous êtes venu passer quelques jours chez ton oncle Thierry. J'y étais, tes grands-parents paternels aussi.
Nous avons assisté à l'éclipse totale de soleil, et je me souviens toujours de ta réaction étonnée lorsque la lune s'est placée devant le soleil, obscurcissant tout autour de nous.
Lorsque ton père t'a annoncé qu'il fallait repartir et qu'il te ramenait chez ta mère, tu n'as pas voulu partir. Tu as fais une véritable scène. Tu as dis à ton père que tu voulais rester avec lui.
A partir de ce moment là ton père a eu toutes les peines du monde à obtenir de ta mère que tu viennes passer un week-end sur deux, comme avant, avec lui.
Ta mère avait toujours un prétexte : l'anniversaire d'une de tes amies, un week-end familial…
Fin décembre 1999, il réussit à t'avoir pour passer le jour de l'an chez son ami Joël avec toute sa famille.
Il te récupère quelques jours avant.
Ton oncle et ta tante, Alain et Nadia, sont de passage avec leurs trois enfants.
C'est l'année de cette terrible tempête qui a dévasté la France, et la maison de ton père n'est pas épargnée. Il n'y a plus d'électricité, un arbre est déraciné devant la maison et une branche tombe tout près, bloquant l'accès de la maison.
C'est un moment assez effrayant pour toi et tes cousins/cousines.
La tempête se calme, et vous pouvez enfin prendre la route pour passer ce jour de l'an, chez Joël.
C'est la dernière fois que vous vous verrez ton père et toi.
Courant janvier 2000, ton père voit arriver les gendarmes qui le mettent en garde à vue. Ta mère a déposé une plainte contre lui.
Le calvaire qu'il croyait terminé, va se transformer en véritable cauchemar. Pourtant, au début ton père n'y croit pas. Qu'a-t-il à craindre puisqu'il est innocent ?
Isabelle, ta tante.

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